Souvent une confusion s’instaure entre  les termes « médias sociaux » et  « réseaux sociaux ». Dans le langage courant, on les utilise habituellement pour faire référence aux sites et différentes fonctionnalités sociales de l’internet. Mais cet amalgame amène à des approximations non sans conséquence.

Les médias sociaux: le droit à la parole !

 Par définition, un média est un support de diffusion massive de l’information. A gauche, les médias traditionnels (presse écrite, radio, télévision…) s’organisent de la façon suivante : un émetteur diffuse un message unique à destination de cibles. Cette diffusion existe sous cette forme depuis l’arrivée du journalisme, symbole de la naissance des médias.

A côté, les médias sociaux sont toujours des supports de diffusion massive de l’information ayant recours aux mêmes formes et supports déjà existants (vidéos, images, textes…) mais la différence se situe au niveau de la nature de l’intermédiaire. Ils permettent à l’ensemble des acteurs de jouer à la fois un rôle de cible et un rôle de diffuseur.

C’est pourquoi, tout le monde à la possibilité de s’exprimer avec la même puissance : un commentaire d’un internaute anonyme pourra avoir autant voire même plus d’impact (dans certains cas) que celui d’une multinational.

Le consultant et conférencier Frederic Cazzava, définit les médias sociaux de la façon suivante : «un ensemble de dispositifs permettant de développer des conversations et des interactions sociales numériques en situation de mobilité ».

Contrairement aux médias traditionnels (hors internet) qui produisent une masse d’informations organisées et structurées, la grande nouveauté se joue au niveau de l’aspect conversationnel. D’une certaine façon, l’arrivée du numérique met fin au muet dans la relation marques-consommateurs, place au dialogue !

Ces médias regroupent donc les interactions entre les internautes qui créent, échangent, partagent, transmettent des idées et des informations au sein de communautés virtuelles et de réseaux. Ces interactions existent grâce à des plateformes informatiques permettent aux individus et à la communauté de créer ensemble, de commenter, discuter ou modifier du contenu généré par les utilisateurs eux-mêmes.

L’information retransmise via les médias sociaux diffère de celle des médias traditionnels par son caractère participatif, partagé et personnalisé. Participatif, car plus d’un tiers des usagers a déjà diffusé, commenté ou fournit de l’information. Partagé, car la majorité des utilisateurs utilisent ce canal comme source d’informations. Et personnalisé, car en fonction de chaque communauté à laquelle un internaute appartient, il est possible de filtrer les actualités qu’il souhaite recevoir, pour les conserver ou encore pour réagir à l’une d’entre elle.

L’apparition de cette nouvelle forme de médias contribue à l’ouverture de la société d’opinion en permettant à chacun de rebondir sur une information, de donner son avis à un sujet, donc de faire entendre sa voix. Les internautes ne se contentent pas de simplement consulter l’information, ils en deviennent de véritables acteurs.

Les réseaux sociaux

De leur côté, les réseaux sociaux ont pour vocation première la mise en relation entre individus. Un réseau social est une communauté d’individus partageant des intérêts ou des besoins communs. Ils se distinguent par une mise en relation en temps réel : les messages sont directement accessibles à tous après leur envoi. En fonction de chaque réseau, le concept de réseautage ou de partage est plus ou moins marqué.

En clair, les réseaux sociaux ne représentent qu’un sous-ensemble des médias sociaux, sans pour autant englober la totalité de ces médias. Par exemple, les blogs ou les forums sont rangés dans la catégorie médias sociaux mais ne font pas partie des réseaux sociaux.

Les fonctionnalités propres aux réseaux sociaux

Les réseaux sociaux proposent un certain nombre de fonctionnalités qui leurs sont propres pour inciter l’interaction entre membres :

– Un espace de présentation dédié et personnalisable pour chaque internaute. Il y renseigne les éléments de son profil (nom, prénom, âge, sexe, religion…) de façon plus ou moins exhaustive en fonction de chaque réseau et y publie des éléments : photographies, vidéos, liens, sons…
– Un outil de recherche permettant de trouver d’autres membres partageant des points d’interactions (vie professionnelle, vie familiale, passion, cursus scolaire…) dans l’optique de rentrer en contact avec eux et ainsi élargir son réseau.
– Des solutions pour échanger et partager avec la communauté. Elles peuvent se représenter sous forme d’interactions écrites directes via des messageries internes, des tchats, des commentaires ou via des interactions plus subtiles avec par exemple la possibilité d’aimer une publication (likes, favoris, pokes…)
– Des outils collaboratifs ouvrent les champs des possibles entre membres au sein d’un même réseau social pour créer des sous-communautés . Des groupes permettent notamment d’échanger sur un sujet commun ou de lancer un début, des évènements privés peuvent être organisés et enfin des pages visent à fédérer autour d’un projet.

Le nouvel ordre mondial de la communication

Les messages de communication traditionnels visent à interpeller le consommateur pour captiver son attention. Mais avec l’arrivée des médias sociaux, le consommateur, jusqu’à présent passif et impuissant face à ses messages, passe à un stade actif et renforce ainsi son pouvoir. Il peut dorénavant donner son avis, faire partager son plaisir ou son mécontentement. Ses exigences sont bien différentes et il n’hésite pas à le faire savoir.

En quelques secondes, il peut aussi bien jouer le rôle d’ambassadeur d’une marque comme créer un bad-buzz pouvant affecter profondément l’entreprise. D’un statut de récepteur, il se transforme en véritable porte-parole. L’internet et ses nouveaux médias ont littéralement bouleversés le dilemme « émetteurs – récepteurs ».

Dès leurs débuts, les réseaux sociaux étaient d’ores et déjà destinés à évoluer vers des lieux d’écoute et de diffusion, des lieux où la relation entreprise/individus devient totalement différente. En tant que « nouveaux médias », ils réinventent la communication et ouvrent alors la voie à une foule de nouvelles formes d’échanges : moins formels, plus libres et laissant la place à moins de discours, de monologues au profit de plus de dialogue.